Cecilia Bengolea

Née à Buenos-Aires, Cecilia Bengolea se forme aux danses urbaines et poursuit des études de danse anthropologique auprès d’Eugenio Barba avant d’étudier la philosophie et l’histoire de l’art à l’Université de Buenos-Aires. En 2001, elle s’installe à Paris et suit la formation Ex.e.r.c.e. à Montpellier, dirigée par Mathilde Monnier. Cecilia Bengolea perçoit la danse et la performance comme des sculptures animées et aime l’idée que ces formes d’expression lui permettent de devenir objet et sujet en même temps. En 2011, Cecilia Bengolea co-réalise deux courts-métrages en dialogue avec l’œuvre de Levi-Strauss Tristes Tropiques : La Beauté (tôt) vouée à se défaire avec Donatien Veismann et Cri de Pilaga avec Juliette Bineau. Elle collabore avec les artistes Dominique Gonzalez-Foerster, Monika Gintersdorfer, Knut Klassen ainsi qu’avec les artistes du dancehall Damion BG Dancerz et Joan Mendy.

En 2016, Cecilia Bengolea est commissionnée par l’ICA à Londres pour la Art Night 2016 et présente au Covent Garden Market une installation vidéo à l’intérieur d’un dispositif constitué de miroirs holographiques ainsi qu’une performance participative de dancehall en collaboration avec la ballerine Erika Miyauchi et Damion BG Dancerz. En collaboration avec l’artiste anglais Jeremy Deller, elle co-réalise le film RythmAssPoetry, commissionné par la Biennale d’art contemporain de Lyon 2015. Ensemble, ils tournent leur second film en Jamaïque, Bombom’s Dream, commissionné par la Hayward Gallery Londres et la Biennale d’art contemporain de Sao Paulo 2016. Au printemps 2018 Cecilia Bengolea crée Insect Train avec Florentina Holzinger, une pièce collaborative consacrée à l’interface entre nature et artifice du corps humain.

François Chaignaud

Né à Rennes, François Chaignaud étudie la danse depuis l’âge de 6 ans. Il est diplômé en 2003 du Conservatoire National Supérieur de Danse de Paris et collabore ensuite auprès de plusieurs chorégraphes, notamment Boris Charmatz, Emmanuelle Huynh, Alain Buffard et Gilles Jobin. Depuis He’s One that Goes to Sea for Nothing but to Make him sick (2004) jusqu’à  Думи мої (2013), il crée des performances dans lesquelles s’articulent danses et chants, dans les lieux les plus divers à la croisée de différentes inspirations. S’y dessinent la possibilité d’un corps tendu entre l’exigence sensuelle du mouvement et la puissance d’évocation du chant, et la convergence de références historiques hétérogènes – de la littérature érotique (Aussi Bien Que Ton Cœur Ouvre Moi Les Genoux, 2008) aux arts sacrés. Ses terrains de recherche s’étendent des précurseurs de la modernité chorégraphique du début du XXème siècle (François Malkovsky, Isadora Duncan) aux avant-gardes actuelles, et des techniques et symboliques du ballet classique aux danses urbaines et non scéniques. Également historien, il a publié aux PUR L’Affaire Berger-Levrault : le féminisme à l’épreuve (1898-1905). Cette curiosité historique le conduit à initier des collaborations diverses, notamment avec la légendaire drag queen Rumi Missabu des Cockettes, le cabarettiste Jérôme Marin (Sous l’ombrelle, en 2011, qui ravive des mélodies oubliées du début du XXème siècle), l’artiste Marie Caroline Hominal (Duchesses, 2009), les couturiers Romain Brau et Charlie Le Mindu, le plasticien Théo Mercier (Radio Vinci Park, 2016), le musicien Nosfell (Icônes, 2016), le photographe Donatien Veismann ou encore le vidéaste César Vayssié. En 2017 il collabore à de nombreux projets, notamment avec l’artiste Brice Dellsperger pour Body Double 35, ou la réouverture du cabaret Madame Arthur. À l’occasion de La Bâtie – Festival de Genève 2017 François Chaignaud crée en collaboration avec l’artiste Nino Laisné Romances inciertos, un autre Orlando, spectacle réunissant quatre instrumentistes autour des motifs de l’ambiguïté de genre dans le répertoire chorégraphique et vocal ibérique. Il poursuit actuellement une recherche sur le chant chrétien antique, plus particulièrement autour du répertoire d’Hildegarde de Bingen en collaboration avec Marie-Pierre Brébant. En mai 2018 il crée également Souflette, une pièce pour le Ballet Carte Blanche (Norvège) en collaboration avec le couturier Romain Brau.

Compagnie Vlovajob Pru – François Chaignaud & Cecilia Bengolea

Cecilia Bengolea et François Chaignaud collaborent depuis 2005. Ensemble, ils créent Pâquerette (2005-2008), Sylphides (2009), Castor et Pollux (2010), Danses Libres (d’après des chorégraphies oubliées de François Malkovsky, 2010), (M)IMOSA (coécrit et interprété́ avec Trajal Harrell et Marlene Monteiro Freitas, 2011), Altered Natives’ Say Yes To Another Excess – TWERK (2012), Dub Love (2013) et DFS (2016). Ils créent en septembre 2014 en ouverture de la Biennale de la Danse de Lyon How Slow The Wind pour sept danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon et signent en 2015 deux autres chorégraphies originales pour le Ballet de Lorraine (Devoted), sur une musique de Philip Glass et pour le Tanztheater Wuppertal (The Lighters’ Dancehall Polyphony).

Avec Sylphides, performance écrite pour des corps évoluant dans des combinaisons de latex à air comprimé, ils gagnent le Prix de la critique de Paris en 2009. Cinq ans plus tard, François Chaignaud et Cecilia Bengolea reçoivent le prix Jeunes Artistes à la Biennale de Gwangju pour l’ensemble de leur œuvre. Leurs créations sont présentées entre autres au Festival d’Automne et au Centre Pompidou à Paris, au festival Impulstanz à Vienne, à The Kitchen et à l’Abrons Art Centre de New York, au Festival d’Avignon, à la Tate Modern et l’ICA de Londres, au théâtre Sadler’s Wells de Londres, au Tanz im August à Berlin, à la Biennale de Lyon, au festival Montpellier Danse, au deSingel à Anvers, au Centre National de la Danse à Pantin, au Teatro de la Ribera à Buenos Aires, au Panorama Festival à Rio de Janeiro ou au SESC Sao Paulo.